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Conférence de presse  ce 11 Juin (dossier ci-dessous)

NON l’arrachage de la voie ferrée maritime

Pour signer la pétition : https://www.change.org/GARDEZ_LA_VOIE_FERREE_MARITIME

Pour la « Réalisation d'un mail de circulation douce et travaux de voiries - Val Es Fleurs » par la municipalité de Granville, deux positions s’affrontent :

La municipalité de Granville estime qu’il est nécessaire d’arracher de la voie ferrée maritime qui relie le port au réseau ferré national. La justification de cette incompatibilité entre voie douce et voie ferrée figure dans le dernier n° de Granville Magazine : « Le maintien des rails, parce qu'il fragiliserait la voie construite au-dessus, rendrait difficile la mise en place de cette navette. L'autre solution, laisser les rails apparents, aurait constitué un danger pour la sécurité des cyclistes. »

Pour l’APPG, le Collectif Trains et les 1100 signataires de la pétition, il n’y a aucune incompatibilité entre le « mail de circulation douce et travaux de voiries - Val Es Fleurs » et le maintien de la voie ferrée maritime parce que, d’une part, le pari sur le retour du cabotage dans le port de Granville et du trafic voyageurs est un pari raisonnable lié à la transition écologique et que, d’autre part, de nombreux signataires de la pétition ont fait état de la dimension patrimoniale de cette voie ferrée maritime.

Enfin, ces travaux sont en contradiction avec les Orientations d’Aménagement de programmation du PLU de Granville adopté en 2017.

Voir à ce sujet le rapport 2021-05-04 Rapport Karelle Diot

 

Pour l’APPG,    Jean-François Seguin

Courrier au maire de Granville : la population doit être consultée

De manière insidieuse depuis plusieurs années déjà, nous assistons à une appropriation touristique et commerciale des ports au détriment de la pêche et du commerce de fret sur qui, jusqu’à présent, reposait l’essentiel de l’activité de la ville. C’est pourtant bien sur cette économie issue de la mer et notamment de la pêche qu’historiquement la vie sociétale de l’agglomération granvillaise s’est développée.

 

Mais voilà, avec pour le moins la bienveillance de la CCI, sont apparues d’autres ambitions portées par le Département et quelques municipalités successives qui se sont inscrites dans les mêmes objectifs : une économie du tout-tourisme saisonnier complétée de celle de résidents plus fortunés déconfinés des métropoles urbaines à l’heure de leur retraite.

 

Dès lors, après l’effondrement pour manque d’entretien des grues sur portique du quai sud et l’abandon de la grue Mohr, c’est bien l’absence de renouvellement de l’outillage public qui a été délibérément programmée. Simultanément, et encore avec la complicité de la municipalité de l’époque, le Département installait en lieu et place le village du Marité qui n’a d’intérêt que pour l’emplacement qu’il occupe. Cette « pseudo cité commerciale d’urgence » qui accueille épisodiquement quelques maigres boutiques sans aucun caractère maritime n’a été édifiée sur le quai d’Orléans que pour dissuader de tout autre usage.

 

Aujourd’hui, la néo-économie du tout-tourisme qui s’est développée avec la construction du port de plaisance et l’affairisme immobilier a exclu progressivement de la ville ceux qui étaient les héritiers légitimes d’une société étroitement constituée autour des gens de mer.

Par sa volonté d’imposer son actuel projet sur le port seulement partagé par l’extraterrestre ancienne municipalité renvoyée à ses pénates par les électeurs granvillais, le Département outrepasse ses pouvoirs. Son chantage sous-entendu et déjà éculé du « c’est tout ou rien » est antidémocratique et ne sert que sa seule vision économique sans considération de ce que cela implique sur un plan sociétal pour la ville et le pays granvillais.

 

Le projet portuaire est bien un choix très politique. Le département n’a aucune légitimité à imposer le sien. Il ne garantit rien, il avance à vue dans la plus grande opacité.

Il est plus que jamais nécessaire de définir et mettre en œuvre un projet pour les ports, la ville et le territoire de Granville, ce projet doit émaner des populations avant tout autre acteur. Il faut qu’un débat public soit à nouveau organisé. L’Association pour la promotion des ports de Granville est prête à y contribuer avec conviction et sincérité.

Propositions sur le projet en cours : revenir à l’essentiel

De manière presque continue, le Conseil départemental procède à de nouvelles annonces relatives à son projet pour les ports de Granville ; il distille de nouvelles informations, ou continue à en taire d’autres.

Cette agitation nous contraint à examiner chaque nouvelle péripétie avec la plus grande attention pour tenter de deviner son impact à terme sur les ports de Granville.

À trop regarder ces fragments du projet pour les ports, nous perdons la vue d’ensemble. La question fondamentale – que voulons-nous pour les ports de Granville ? – est comme occultée par 100 questions sur 100 détails.

La question fondamentale a deux aspects :

1. Quel modèle économique correspond le mieux à l’intérêt général à l’échelle de la Communauté de communes Granville Terre et Mer ?

2. Ce modèle économique est-il en accord avec l’âme du port, avec le sentiment d’attachement des Granvillais à leur port ?

 

Quel modèle économique ?

S’il n’est pas avare de déclarations à la presse, le Conseil départemental refuse d’organiser un nouveau débat public sur ce sujet – le dernier a eu lieu sous la pression de l’APPG en 2006, une éternité pour ainsi dire.

En relisant l’ensemble des déclarations de la CCI, du Conseil départemental et de Mme Baudry, ancienne maire de Granville, il apparaît que le modèle économique qui structure le projet du Département peut se résumer ainsi : il n’y a pas d’économie sans croissance et il n’y a pas de croissance sans extension.

Les vieilles recettes, surtout celles qui ont montré leur fragilité voire leur dangerosité, sont les mieux connues. Ce sont donc elles que l’on veut utiliser de préférence.

Le tout-tourisme est une vieille recette qu’on veut appliquer à Granville. Pour assurer la croissance de cette économie touristique, on prévoit d’augmenter de 40 % les places offertes à la plaisance et, pour en permettre l’extension, on met à mort le fret maritime, dans un premier temps. Dans un second temps, demain, on exilera les navires de pêche dans le Hérel agrandi pour laisser place dans le port à flot à la « grande plaisance », aux « navires d’exception », aux vedettes de transport de passagers. À ce régime, combien de temps Granville pourra-t-il être encore un des plus importants ports de pêche en France ?

Les ports de Granville deviendraient une carte postale qui ne vit plus que le temps de manifestations pittoresques. Pour Les Voiles de travail, on fait appel à une association de Saint-Malo pour ébreuiller des morues achetées congelées en Norvège alors que, depuis longtemps, les Granvillais n’arment plus à la morue. Simulacre aussi que le Petit cabotage dans la Manche, qui n’est qu’une aimable balade de quelques voiliers de plaisance alors que le Conseil départemental a signé l’arrêt de mort du cabotage à Granville. La Nuit des soudeurs n’alimente plus la créativité des artistes qui trouvaient leur inspiration et leur matière première dans les montagnes de ferraille du quai sud.

C’est comme si l’on tuait les activités pour mieux les patrimonialiser. Et, bien entendu, les vendre...